La Cie Le Théâtre dans la Forêt bénéficie du soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine.



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SPECTRES

Dans James Bond : Une combinatoire narrative (1966), Umberto Eco analyse les mécanismes narratifs par lesquels Ian Fleming, créateur du personnage de James Bond et auteur de quatorze volumes de ses aventures (de Casino Royale en 1953 à Meilleurs vœux de la Jamaïque en 1966), parvient à nous faire adhérer à son récit et à nous identifier à son protagoniste.

De fait, avant de devenir le héros de cinéma que l’on connait, James Bond et ses missions constituent un remarquable succès de librairie. Umberto Eco interroge la recette sur laquelle repose cette ferveur et commence par mettre en évidence le caractère redondant de la saga, à l’aide d’un relevé précis de quatorze couples d’opposition présents dans chaque roman (Amour/Mort, Perversion/Candeur, Faste/Privation…). Il en vient à la conclusion que derrière une apparente volonté de livrer un récit spectaculaire, c’est en réalité sur le sentiment consolatoire du «  déjà connu  » que repose l’adhésion du lecteur au personnage de James Bond et à ses aventures.

Ce déjà connu se fonde autant sur les récits en eux-mêmes que sur les motifs employés par Ian Fleming – d’où, par exemple, l’attention scrupuleuse portée à la carte des menus des restaurants fréquentés par le héros ou à la marque des cigarettes qu’il fume : le lecteur les connaît, a déjà mangé certains plats, acheté ce paquet de Players – le tour est joué : oui, James Bond effectue des cascades extraordinaires, oui, il fréquente les plus somptueux casinos ; mais par d’infimes détails réalistes, savamment disséminés tout au long des romans par l’auteur, sa vie peut être la nôtre.

Umberto Eco observe ensuite les valeurs véhiculées dans les différents romans. Derrière le manichéisme systématique mis en œuvre par Fleming et décliné sous des formes variées à chaque nouvel opus, c’est, sans ambiguïté, une vision réactionnaire qui prédomine – dans un monde corrompu et versatile, aux protagonistes caricaturés, sur lesquels James Bond parvient toujours, sous une forme ou une autre (violence, séduction, jeu), à assouvir sa domination.

Mais l’enjeu n’est pas, pour Umberto Eco, de faire le procès de la saga romanesque. Ce qui l’intéresse est ailleurs : en observant au plus près les mécanismes littéraires qui nous font adhérer à un personnage et à une vision du monde réactionnaire et systématique, c’est de notre, et de son désir de lecteur qu’il nous parle.


Galerie.


Calendrier.

Saison 2021-22
Résidences :

  • du 15 au 19 novembre 2021 au Méta – Centre Dramatique National Poitiers Nouvelle Aquitaine (Poitiers) ;
  • du 14 au 25 février 2022 aux 3T (Châtellerault) ;
  • du 14 au 18 mars 2022 à la Méca (Bordeaux), résidence co-réalisée par Le Méta – Centre Dramatique National Poitiers Nouvelle Aquitaine et l’OARA ;
  • du 18 au 22 avril 2022 au Théâtre de Thouars.

> Finalisation de l’adaptation et du montage des textes d’Umberto Eco et de Ian Fleming, recherche dramaturgique et chorégraphique, création de la scénographie, création de la bande sonore.

Automne 2022
5 semaines de résidence (détail des dates et lieux d’accueil à venir).
> Création costumes, création lumière, finalisation de l’écriture du spectacle.

Janvier 2023
> Création de SPECTRES.


Équipe.

Mise en scène — Émilie Le Borgne
Collaboration artistique : Hélixe Charier
Interprétation — Armelle Dousset, Matthieu Sinault, Émilie Le Borgne
Dispositif sonore — Michaël Goupilleau
Création sonore — François Ripoche
Accompagnement de projets / production — Manu Ragot

 


Soutiens.

SPECTRES bénéficie du soutien en coproduction du Méta – Centre Dramatique National Poitiers Nouvelle Aquitaine, des 3T – Châtellerault, du Théâtre de Thouars, de Scènes de Territoire – Bressuire.

La Compagnie Le Théâtre dans la Forêt bénéficie du soutien de la Ville de Poitiers et de la Région Nouvelle Aquitaine.

Documentation à télécharger.

Dossier du spectacle [PDF]